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     Margaret Bourke-White

Margaret Bourke-White

« Aucune image n'est pour moi sans importance. »

Margaret Bourke-White

« La photographie est chose subtile. Vous devez laisser l’appareil vous prendre par la main et vous menez à votre sujet. »  Margaret Bourke-White

PhotoReporter

Margaret Bourke-White

Elle a reçu son premier appareil photo, un ICA Reflex 3 ¼ x 4 ¼ pouces d'occasion avec un objectif fissuré, prenant ses premières photos sur des plaques de verre.

ICA Reflex 3 ¼ x 4 ¼ pouces

ICA Reflex 3 ¼ x 4 ¼ pouces

Margaret Bourke-White statue de la liberté

Photoreporter américaine.

Célèbre photoreporter, Margaret Bourke-White a su s’imposer dans un milieu majoritairement masculin. Au cœur d’événements historiques majeurs, elle a transmis des images parmi les plus marquantes du XXe siècle, dont certaines sont devenues des icônes. Fille d’un ingénieur photographe amateur, elle perfectionne sa pratique – acquise à Columbia – à l’université du Michigan et commence à vendre quelques photographies de style pictorialiste en 1924. Deux ans plus tard, après son divorce, elle reprend ses études, puis obtient son diplôme à l’université Cornell en 1927. Dès lors, elle entame une carrière de photographe d’architecture à Cleveland. Sa production de l’époque présente de grandes affinités, d’une part avec celle du courant américain de la straight photography, initié par Paul Strand, d’autre part avec le mouvement moderniste européen lancé par Laszlò Moholy-Nagy. Ses photographies « pures », réalisées dans les aciéries de la Otis Steel Company entre 1927 et 1928, exaltent la machine et l’industrialisation dans un contexte de fierté nationale. Sa réussite commerciale lui permet d’ouvrir un studio à Cleveland, dont le musée d’Art récompense les images industrielles en 1927. M. Bourke-White débute dans le photojournalisme grâce à l’éditeur américain Henry Luce, qui l’engage pour illustrer le premier numéro du magazine Fortune, paru en février 1930. Forte de ses récents succès, elle aménage dans le Chrysler Building en 1930. La même année, elle séjourne cinq mois en URSS où elle photographie des installations industrielles, les différents chantiers des plans quinquennaux en cours, et se familiarise avec la rhétorique visuelle photographique de la propagande soviétique. Ses clichés de Russie, publiés dans Fortune, font l’objet d’un ouvrage : Eyes on Russia (1931).

Statue de la Liberté, New York, 1930

3 1/4 x 4 1/4 RB Auto Graflex 1909-1941
3 1/4 x 4 1/4 RB Auto Graflex 1909-1941

Un grand reflex Graflex, pour sa taille de film, cet appareil particulier date de 1915. Ayant la plus longue durée de vie de tous les reflex Graflex, l'Auto Graflex a été fabriqué entre 1909 et 1941. Il s'agit d'un modèle ancien dont le dessus est articulé à l'avant. Il possède également un dos Graflex pivotant et des vitesses d'obturation T + 1/10 à 1/1000 de seconde. Celui-ci est équipé d'un bel objectif Cooke Anastigmat 8,5" série IV en laiton, une option assez coûteuse au moment de l'achat.

Margaret Bourke-White (1904-1971) photographe américaine née à New York dans le quartier du Bronx ou elle grandit, fille de Joseph White, d’origine Polonaise, ingénieur dans le secteur de l'imprimerie à la « Hall Printing Press Company »,  et d'une mère d’origine Irlandaise et Anglaise, Minnie Bourke.

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    En 1912, à l'age de 8 ans, son père l'emmène visiter l’usine de production des presses rotatives de Duncllen, dans le New Jersey, où des pièces de fonderie sont produites pour la fabrication des rotatives. Perchée du haut d’un balcon, elle assiste à la coulée du métal en fusion, avec la magie de la lumière, de la chaleur et des étincelles, elle est émerveillée par ce spectacle, qui marque à jamais son attachement pour la beauté industrielle.

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    Dès 1916, son père, également  photographe amateur, l’initie à la photographie, à l'age de 12 ans, elle l’assiste lors de ses prises de vues, ainsi qu’au développement de ses tirages qu’il effectue dans une baignoire.

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    1918 à 1921, elle étudie au lycée de Plainfield dans New Jersey, en 1921, entre à l’université de Columbia puis en 1922 intègre l’université Rutgers. En 1923, passionnée pour la danse, elle change à nouveau pour rejoindre l’université du Michigan, c'est à partir de ce moment qu'elle débute la photographie en réalisant des portraits pour illustrer le livre de son année de promotion.

    Douée dans la rédaction d’articles, elle se voit offrir un poste d'éditrice photographique pour le journal annuel de la Faculté, poste qu'elle refuse pour épouser Everett Chapman, élève ingénieur en électricité.

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    En janvier 1922, suite au décès de son père, elle manque un semestre, puis retourne à l’université de Columbia où elle suit des cours du soir en photographie, auprès de Clarence H.White,  célèbre représentant de la photographie Pictorialiste, qui lui enseigne la composition, lui inculque la façon de photographier les paysages, avec des tonalités vaporeuses.

    Ne renonçant pas pour autant à ses rêves de devenir scientifique, elle envisage de mettre la photographie à profit pour documenter son métier. Pour 20 $, sa mère lui offre un appareil Reflex ICA d’occasion dont la lentille est fêlée. Afin de payer sa scolarité, durant l’été, elle enseigne comme professeur, et vend aux touristes pas moins de 2000  cartes postales qu’elle effectue au camp Agaming, au bord du Lac Bantam dans le Connecticut.

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    Après l’échec de son mariage, en 1926, elle reprend des études sur les reptiles et les amphibiens à l’université Cornell, dans la ville d’Ithaca, où elle obtient son diplôme de biologie en 1927.

    Avec son vieil appareil photo, elle trouve à nouveau l’occasion de monter une entreprise photographique, pour gagner sa vie, et prend pour sujet des photos de building entourés de neige, des chutes d’eaux gelées. Le succès est tel, que malgré son travail acharné, elle se doit d'embaucher deux étudiants afin de l’aider. En parallèle elle suit des cours de journalisme, présente ses photos au « Cornell Alumni News », qui lui rémunère chaque couverture, pour 5$.

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    En 1927, elle déménage à Cleveland, pour rejoindre sa mère et son frère, et débute une carrière de photographe industriel. Jusqu’alors photographe amateur, elle adjoint à son nom celui de sa mère, Bourke, et ouvre en 1928 son propre studio « Bourke-White Photography »,  dans le Terminal Tower à Cleveland, gratte-ciel, tout juste sortit de terre, devenant une photographe professionnelle indépendante, se spécialisant dans les prises de vue d'architecture et de bâtiments industriels. Les commandes pour la presse, afflues, elle travaille pour des industriels, « The Aluminium Company of America », « The Standard Oil of Ohio », « The Chrysler Corporation »,pour des architectes, des banquiers, et de nombreuses revues, le « New York Times Magazine », « Vanity Fair », et « House and Garden ».

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    Dès 1928, elle travaille à photographier la construction du « Chrysler Building », pour en faire la promotion, ce qui lui permet de gagner de sa vie.

    Grace à ses photographies réalisées pour le compte de la « Otis Steel Company », elle est remarquée pour son originalité par par l'éditeur Henry Luce, séduit par ses clichés de cette aciérie, en 1929, il engage pour son nouveau magazine « Fortune ».

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    L’année suivante, en 1930, la revue l'envoie en Allemagne, afin d'y photographier les usines sidérurgiques Krupp, elle poursuit son voyage jusqu'en Union soviétique, obtient un visa, devenant le premier photographe occidental autorisé à entrer en URSS, elle y reste plus de cinq semaines, et réalise un reportage sur le premier plan quinquennal, photographiant, les usines, les fermes, les barrages, et les ouvriers, effectuant pas moins de trois milles clichés.

    La même année, elle déménage son studio de Cleveland, pour en ouvrir un autre à New York au 61eme étage du Chrysler Building.

  • A l'été 1931, elle se rend une seconde fois en URSS, pour photographier Magnitogorsk, l’immense complexe métallurgique de la région du Kazaksthan, reportage qui aboutit à la publication d'un ouvrage « Eyes on Russia». La même année il participe à une exposition collective à New York aux cotés Ralph Steiner et Walker Evans.

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    En 1934, alors qu’elle effectue un reportage pour Fortune sur la pénurie d’eau dans l’Ouest Américain, elle prend conscience de la souffrance humaine, de la réalité sociale, celle des fermiers américains impuissants face à la crise, ce qui l’éloigne de son travail publicitaire. En dehors du cadre du projet de la « Farm Security Administration », elle prend part à la situation, en photographiant les victimes du Dust Bowl à l'instar de Dorothea Lange.

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    En 1935, elle réalise des séries d’images aériennes, pour différentes compagnies d’aviations, comme la « Eastern Airlines ».

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    En 1936, dès le lancement du magazine LIFE, Margaret Bourke-White est la seule femme de la revue et au coté du photographe Alfred Eisenstaedt, l'un des quatre reporters permanents, elle fait la « Une » du premier numéro, le 23 novembre 1936, avec son reportage consacré au barrage de Fort Peck dans le Montana. La même année elle collabore avec son futur mari Erskine Caldwell à un ouvrage intitulé « You Have Seen Their Faces », traitant de la pauvreté rurale dans le Sud des États-Unis.

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    En 1938, elle se rend en Tchécoslovaquie, pour documenter la montée des évènements politiques, et publie « North of the Danube ». En 1939 en seconde noce, elle épouse l'écrivain Erskine Caldwell. Elle couvre la période d’avant guerre du Royaume-Uni en Roumanie, parcoure la Turquie, la Syrie et l’Égypte.

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    Au début de 1940 , durant une courte période, elle collabore pour le journal New Yorkais « PM », mais retourne très rapidement au sein du Life.

    Durant la seconde guerre mondiale, elle est la première photographe américaine accréditée et autorisée à voler en mission de combat, sur des zones d’opérations militaires pour l’U.S. Air Force, elle travaille comme correspondante de guerre pour le Life. Elle retourne en URSS et trouve refuge à l'ambassade américaine de Moscou au moment de l'invasion allemande. Elle photographie d'autres fronts pendant le conflit en Afrique du Nord, en Italie, suit le général George S. Patton dans l'Allemagne vaincue jusqu'au du camp de concentration de Buchenwald, qu 'elle est l'une des premières à découvrir, le 15 avril 1945.

    Après la guerre, elle continue ses voyages, et se consacre à des reportages humanitaires, avec d'autres artistes, elle forme « l’American Artist’s Congress », organisation de gauche, récoltant des fonds publics, pour promouvoir les arts et combattre les discriminations raciales.

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    Dès 1946, elle voyage en Inde et passe trois ans à couvrir l’accession à l’indépendance, elle suit la campagne pour la non violence du Mahatma Gandhi, le rencontre et est la dernière personne à l'interviewer.

    Le 30 janvier 1948, six heures avant l’assassinat de Gandhi, elle s’entretient avec lui dans les jardins de Birta House à New Delhi, ultimes instants d’une relation longuement entretenue avec cet homme, ses proches et le pays tout entier.

    « A peine quelques heures plus tard, alors qu’il se rendait à la prière, cet homme qui croyait que la non violence pouvait même venir à bout des bombes atomiques est tombé, abattu par des balles de revolver. » Margaret Bourke-White

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    En 1950, elle part à Johannesburg, pour documenter l’Apartheid qui sévit en Afrique du Sud, afin de rendre compte des conditions des travailleurs dans les mines de diamant et d’or, n’hésitant pas à descendre à plus de trois kilomètres sous terre, pour en rapporter des clichés exceptionnels.

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    En 1952, alors qu’elle voyage en Corée, pour couvrir la guérillas communiste, elle ressent les premiers signes d’une terrible maladie, le début la maladie de Parkinson.

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    En 1955, Edward Steichen, directeur photographique du Museum of Modern Art de New York, sélectionne plusieurs de ses clichés pour l’exposition « The Family of Man ».

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    1957, incapable de continuer son activité photographique, elle prend une semi-retraite, et se consacre alors pendant six années, à écrire sa biographie, « Portrait of Myself » qui est publiée en 1963, qui devient rapidement un succès d’édition.

    En 1957, la Boston Chamber of Commerce lui attribue « l’American Woman of Achievement Citation », en 1963 le U.S. Camera Magazine lui décerne l' « Achievement Award » et en 1964 the American Society of Magazine Photographers, la récompense de « l’ Honor Roll Award ».

 

Dès son adolescence Margaret Bourke-White rêve d’une vie pleine d’aventures. Elle est largement exaucée et sa vie est un roman tumultueux et riche. Et en tant que femme au caractère intrépide elle sait se faire une place éminente dans un métier d’homme. Pour avoir son passeport pour l’aventure, elle comprend vite que la photographie est le moyen idéal. Et son génie d’être au bon endroit au bon moment lui permet de réaliser des images devenues des témoignages, des icônes. Ses photos racontent des histoires, mais font aussi l’histoire.

 

« Je ne connais rien d’autre qui égale l’attente heureuse précédant la découverte d’une chose nouvelle, d’une chose que l’on peut devenir à l’avance, d’une chose que vous seul trouverez, parce qu’en sus d’être photographe, vous êtes une personne d’un type particulier. » Margaret Bourke-White

Installée à Cleveland, au contact des noires usines sidérurgiques, elle abandonne très rapidement les vaporeux flous artistiques qu’elle pratique au début de sa carrière. Son style devient dès lors plus précis et mieux adapté aux publications de la presse périodique. Embrassant la modernité, elle choisit de se consacrer à la photographie de paysages industriels, elle y arrive par la pratique, doublée d’une bonne détermination à apprendre sur le tas.

« Le monde industriel, vaste et dynamique, s’offre à moi. » Margaret Bourke-White

Entre chaque voyage, livre ou reportage pour le magazine Life, Margaret rentre chez elle à New York, où se trouve son second foyer, la rédaction du Life et dans le Connecticut où se situe son refuge, un grand cottage au milieu des bois.

Elle découvre rapidement que c’est par la photographie que tout se comprend le mieux. Les motifs géométriques que son regard découpe sur les touches d’une machine à écrire, sur les tours à bois, les charrues, les ponts suspendus, et jusque sur la toge de la statue de la Liberté, l’enchante au point qu’en retour, elle construit par ses photographies, un récit sublimé du progrès et des symboles, à l’aube du 20eme siècle.

Elle est l’une des grandes chroniqueuses de l’ère moderne et mécanique, elle photographie la ville de New York en plein mouvement, les équipements et les processus de production industrielle en employant des méthodes qui captent un univers habituellement perçu comme dénudé de beauté. Romanisant l’extraordinaire pouvoir d’un nouveau monde et avec des plans rapprochés, des jeux d’éclairages, des perceptives inhabituelles, elle réalise des compositions avec art, des tours de force visuels qui montre sa compréhension du design et de l’esthétique moderne.

« Un autre photographe prendrait également des photos, mais elles seraient différentes, vous seul éprouvez cette expérience mental et émotionnelle singulière qui permet de percevoir précisément le détail d’une histoire et de le capturer sur une pellicule de gélatine. » Margaret Bourke-White

Les vues aériennes sont omniprésentes et caractéristiques chez la photographe, dont le studio est situé au sommet du Chrysler Building, de la fenêtre de son dernier étage, elle peut voir non pas une, mais deux gargouilles d’acier, brillantes pointer vers le sud-ouest. Aucun autre studio ne se trouve à une telle hauteur que le sien et maintes fois elle escalade ces gargouilles pour photographier la ville de New York.  

« La hauteur ne me fait pas peur, ici au sommet du Chrysler Building, les soudeurs et les riveteurs m’ont confié une règle précieuse : quand tu es à 300 mètres au dessus du sol, pense que tu es à 3 mètres et détends toi, les problèmes sont exactement les mêmes. » Margaret Bourke-White

Témoins des évènements les plus importants du XXème siècle, Margaret Bourke-White saisit des regards, des gestes, construit puissamment ses images et donne, souvent à travers le particulier, le sens profond des faits historiques. Ses centaines de milliers de photographies reflètent l’aventure, la sensibilité et le courage.

Son œuvre est riche de plus de 25 000 photographies, figurant aujourd'hui dans de nombreux musées, le « Brooklyn Museum » , le « Cleveland Museum » , à la « Bird bibliothèque de Syracuse », au « MoMA » de New York, ainsi qu'a la « bibliothèque du Congrès » de Washington.

Margaret Bourke-White white chrysler building
Margaret Bourke-White

Hydrogénérateurs, Niagara Falls Power Co, New York, 1928

Margaret Bourke-White, Chrysler Building
(Facade), c. 1930

Buchenwald, Allemagne, 1945

Elle parvient à rendre compte des différentes phases de la Seconde Guerre Mondiale, des raids aériens, en passant par la campagne d’Italie et la progression en Allemagne par les alliés, jusqu'à l’arrivée en 1945 à Buchenwald.

« On me demande souvent comment il est possible de photographier de telles atrocités, il me faut travailler avec un voile sur l’âme. Lorsque je photographie les camps de la mort, le voile protecteur est si fermement tiré que je ne sais à peine ce que je suis en train de prendre avant de voir les tirages, c’est comme ci je découvrais alors ces horreurs pour la première fois. » Margaret Bourke-White

Margaret Bourke-White Allemagne, Buchenwald, 1945
Margaret Bourke-White Chisinau, Roumanie, 1940

Durant les années 1930 et au début des années 1940, son travail se concentre sur l'Europe, elle veut monter les répercussions du nazisme et du communisme sur les conditions de vie, la militarisation de la société et l'orientation fortement idéologique transmise dès les premières années d'école, comme cette photographie qu'elle réalise avec une capacité de saisir par une simple image, les moments forts de l'histoire, celui d'une classe roumaine à Chisinau, avec les élèves levant les bras en l'air bien droits.

Barrage de Fort Peck, Montana, 1936

Margaret Bourke White Chisinau, Roumanie, 1940

"Des élèves en uniforme de l'école de filles de Chisinau font le salut officiel de la Straga Taree, une organisation de jeunesse roumaine fasciste obligatoire. Février 1940".

Margaret Bourke White : The LIFE picture Collection via Getty

L'image s'affiche en « Une » du premier numéro de la revue du Life Magazine, le 23 novembre 1936. Son directeur, Henry Luce, souhaite quelque chose d’ample, de gigantesque, et d’imposant. Margaret réalise alors un reportage sur le barrage, le plus grand du monde à l’époque, construit dans les prairies du Montana, à Fort Peck. 

Margaret Bourke-White Barrage de Fort-Peck
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